Assurance pro : la hausse qui attend tous les indépendants et TPE en 2026

Assurance pro : la hausse qui attend tous les indépendants et TPE en 2026

Assurance pro : la hausse qui attend tous les indépendants et TPE en 2026

Les entreprises françaises n’en ont pas fini avec l’inflation de leurs contrats d’assurance. Selon la dernière étude annuelle du courtier Coover, réalisée à l’automne auprès de quatorze assureurs partenaires et relayée par la presse spécialisée, les primes d’assurance professionnelle augmentent en moyenne de 6 % en 2026. Une hausse qui touche toutes les familles de contrats, de la responsabilité civile professionnelle à la multirisque, et qui frappera d’abord les indépendants et les petites structures, les moins armés pour négocier.

Une hausse généralisée, mais pas uniforme

Le chiffre de 6 % est une moyenne, et le détail par produit mérite le coup d’œil. La multirisque professionnelle, qui couvre les locaux, le stock et souvent la perte d’exploitation, signe la plus forte progression avec environ +7 %. La RC pro, la garantie décennale et la complémentaire santé d’entreprise suivent à +6 %, tandis que l’assurance cyber, les flottes automobiles et la RC des dirigeants s’en tirent avec +5 %. Seule la prévoyance professionnelle limite un peu la casse.

Petite consolation dans ce tableau : le rythme ralentit. Après un pic à +9 % en 2025 et des années à +8 ou +11 % depuis 2021, l’indexation 2026 est la plus basse mesurée par cette étude depuis sa création. Mais elle reste nettement supérieure à l’inflation, et surtout, elle masque des écarts considérables entre compagnies pour un même profil : à garanties comparables, deux assureurs peuvent proposer des cotisations très éloignées, ce qui se vérifie en quelques minutes sur Assurlandpro en confrontant plusieurs devis pour une même activité. Comme le résume le cofondateur de Coover, l’enjeu pour les entreprises n’est plus d’éviter la hausse, mais de la maîtriser.

Pourquoi les primes continuent de grimper

Trois moteurs alimentent la tendance, et aucun ne faiblit. Le premier est climatique : inondations, tempêtes, grêle et incendies se multiplient, alourdissent la sinistralité des compagnies et se traduisent par des surprimes, en particulier dans les zones exposées où certains commerçants voient leurs tarifs bondir bien au-delà de la moyenne. Le deuxième est économique : le coût des réparations et de la construction reste élevé, et chaque sinistre indemnisé coûte plus cher qu’avant. Le troisième vient de la chaîne de l’assurance elle-même, puisque les réassureurs, qui absorbent les gros sinistres, ont relevé leurs propres tarifs pour 2026.

S’y ajoute un facteur réglementaire moins connu : la réforme des indemnités journalières, qui plafonne depuis 2025 les remboursements de la Sécurité sociale à 1,4 Smic, reporte une partie de la charge sur les contrats de prévoyance et de santé des entreprises, avec un effet mécanique sur les cotisations.

Indépendants et TPE en première ligne

Ces hausses ne pèsent pas de la même façon selon la taille de l’entreprise. Les grands comptes disposent de courtiers dédiés et d’un pouvoir de négociation ; l’artisan, le commerçant ou le consultant indépendant, lui, reçoit son avis d’échéance et le paie. Or c’est précisément sur ses contrats types que la pression est la plus forte : la multirisque à +7 % concerne au premier chef les locaux et le stock des petites structures, et les franchises progressent elles aussi sur les contrats jugés les plus risqués.

Le vrai danger n’est pourtant pas la cotisation qui monte, mais la réaction qu’elle provoque. Face à la facture, certains professionnels rognent sur les garanties ou renoncent à des couvertures facultatives comme la perte d’exploitation. Un calcul risqué : un sinistre mal couvert coûte toujours plus cher que dix ans de cotisations.

Trois réflexes pour limiter la facture

Première arme, la mise en concurrence systématique à chaque échéance. Les écarts entre assureurs sur un même profil sont l’angle mort du marché, et les professionnels qui comparent chaque année neutralisent une bonne partie des hausses subies par les autres. La loi facilite d’ailleurs la résiliation des contrats après la première année.

Deuxième levier, l’ajustement fin des garanties. Un contrat souscrit il y a cinq ans couvre rarement l’activité telle qu’elle est aujourd’hui : chiffre d’affaires, effectif, matériel et locaux ont changé, parfois à la baisse. Redéclarer précisément son risque évite de payer pour une exposition qui n’existe plus, et jouer sur le niveau de franchise permet d’arbitrer entre cotisation et reste à charge.

Troisième piste, la prévention. Alarme, télésurveillance, sauvegarde informatique, audit cyber : les assureurs commencent à récompenser tarifairement les entreprises qui réduisent leur propre risque, notamment sur les couvertures cyber où des audits préalables deviennent la norme.

La hausse de 2026 est donc écrite, mais son montant final ne l’est pas. Entre un professionnel qui renouvelle son contrat sans le relire et un autre qui compare, ajuste et négocie, l’écart de cotisation peut largement dépasser les 6 % annoncés. Autant que la différence se fasse dans le bon sens.

Alexis Prudent

Bonjour, je suis Alexis, expert en assurance avec plus de 20 ans d'expérience dans le domaine. Je suis là pour vous aider à protéger ce qui compte le plus pour vous. J'écris avec un style journalistique similaire à celui d'Elise Lucet : clair, factuel, et engagé.