Face à l’essor des fraudes aux prestations sociales, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) de Paris intensifie sa lutte en intégrant un outil d’intelligence artificielle (IA) innovant. Ce logiciel, en test depuis août 2025, analyse les documents suspects tels que les faux arrêts de travail ou ordonnances fictives, en évaluant le risque et le montant potentiel des préjudices. Cette avancée s’inscrit dans un contexte où la fraude met en péril le modèle solidaire français, mobilisant également des moyens humains renforcés, notamment avec la montée en puissance d’un pôle interrégional d’enquêteurs judiciaires spécialisés.
Un nouvel outil d’Agence d’Assurance Maladie pour traquer la fraude sociale via l’intelligence artificielle
La CPAM de Paris a adopté un logiciel novateur alimenté par l’IA, capable de détecter les anomalies dans les facturations, particulièrement dans les secteurs de l’auditif et de l’optique, souvent ciblés par des fraudes. Depuis son lancement en août dernier, l’outil examine chaque dossier avec rigueur, attribuant un score d’alerte de 0 à 100 qui reflète l’importance du préjudice potentiel pour l’Assurance Maladie. Cette méthode permet une priorisation efficace des enquêtes, optimisant ainsi les ressources disponibles.
Comment l’intelligence artificielle renforce la détection des fraudes à la Sécurité sociale
En croisant des données et en analysant des documents tels que les arrêts de travail et ordonnances, l’IA perçoit les incohérences rarement détectables par des méthodes manuelles. Par exemple, des arrêts maladie fictifs ou des dispositifs médicaux non délivrés passent à la loupe du système. L’estimation automatique du préjudice financier facilite la prise de décision, aidant les agents à déclencher des investigations ciblées auprès des assurés.
Des moyens humains renforcés pour compléter la lutte anti-fraude avec la collaboration des mutuelles et institutions sociales
Le déploiement du logiciel IA s’accompagne d’un renforcement notable du personnel anti-fraude, particulièrement en Île-de-France, où le nombre d’agents de la CPAM est passé de 147 en 2021 à 237 en 2025. Parallèlement, un pôle interrégional d’enquêteurs judiciaires (PIEJ) spécialisé dans les fraudes cybernétiques et les escroqueries complexes a été créé. Ce groupe collabore étroitement avec les forces de l’ordre et la justice, mettant en lumière des réseaux sophistiqués notamment sur le web.
Coordination entre Assurance Maladie, Urssaf, banques et mutuelles pour contrer la fraude sociale
Les partenariats entre l’Assurance Maladie, Urssaf, la Caisse d’Allocations Familiales, ainsi que les organismes tels que Mutuelle Générale, Mutuelle Bleue, AG2R La Mondiale, Malakoff Humanis ou Groupama, jouent un rôle déterminant dans ce combat. Ces organismes partagent des informations stratégiques pour identifier les anomalies et mieux cibler les campagnes de prévention et de contrôles.
Les résultats concrets de la lutte anti-fraude avec l’intelligence artificielle à la CPAM de Paris
| Année | Cases de fraude détectées | Montant total estimé du préjudice (€) | Principaux secteurs touchés |
|---|---|---|---|
| 2024 | 125 | 34 millions | Pharmacies, prothèses, arrêts maladie |
| 2025 (jusqu’à août) | 150 (estimé) | En progression | Optique, auditif, prothèses, faux dossiers |
Le logiciel IA a déjà permis de repérer des fraudes majeures pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros. Ce dispositif s’ajoute aux efforts des agents, et aux enquêtes policières en cas de dossiers complexes et organisés. La recrudescence de fraudes dans le secteur des pharmacies et des dispositifs médicaux démontre l’enjeu financier colossal auquel la Sécurité sociale est confrontée.




